1 000 000 tonnes
TAC annuel, pêcherie des petits pélagiques de l'Atlantique Sud
Plafond fixé par arrêté et réparti chaque année entre senneurs côtiers, senneurs RSW, chalutiers pélagiques congélateurs et chalutiers RSW.
75 senneurs
Navires autorisés, campagne 2026
Accès restreint depuis le port de Dakhla au titre de la décision n° PP-01/26.
1er janvier au 15 février 2026
Repos biologique 2026, Atlantique Sud
Calendrier révisé sur la base de l'avis scientifique de l'INRH d'octobre 2025, reprise de l'activité le 15 février 2026.
965 000 t (2022) à 525 000 t (2024)
Captures de sardines
Repli qui motive le durcissement de l'accès, la sardine représentant près de 85 % des petits pélagiques.
Quotas de petits pélagiques en Atlantique Sud : règles d'accès 2026, non-report des quotas individuels, adossement à une unité de valorisation et arbitrages d'approvisionnement.
Ce qui change en 2026 : accès resserré et quotas non reportables
Réponse directe : en 2026, l'accès à la matière première dans la pêcherie des petits pélagiques de l'Atlantique Sud dépend moins de la capacité de flotte que du couple quota individuel / outil industriel à terre. La décision n° PP-01/26 a modifié le calendrier de protection des petits pélagiques dans l'Atlantique Sud, fixant le repos biologique du 1er janvier au 15 février 2026, et seuls 75 navires de pêche à la senne ont été autorisés à opérer depuis le port de Dakhla pour la campagne 2026. L'activité a repris le 15 février 2026 entre Safi et Dakhla, après la pause décidée le 4 novembre 2025 dans les pêcheries de l'Atlantique Centre et Sud. En parallèle, l'arrêté n° 15-26 du 7 janvier 2026 du ministère de l'Industrie et du Commerce a instauré des restrictions quantitatives à l'importation et à l'exportation de certaines marchandises, dont les sardines réfrigérées et congelées. Pour un investisseur, la conséquence est claire : le quota devient un actif réglementé, attaché à un navire et à un projet de valorisation, et non un droit librement négociable.
- Le quota individuel est inscrit sur la licence du navire et ne peut pas être reporté sur l'année suivante, ce qui pénalise toute immobilisation prolongée.
- Pour la campagne 2026, l'accès a été resserré à 75 senneurs opérant depuis Dakhla, avec un repos biologique du 1er janvier au 15 février 2026 au titre de la décision n° PP-01/26.
- Le quota suit l'outil industriel : il peut être retiré en cas d'arrêt d'activité prolongée ou suspendu si l'agrément l'est, ce qui limite toute cession de gré à gré.
- La voie d'entrée la plus lisible pour un nouvel investisseur reste l'adossement d'un quota en accès direct à une unité de valorisation à terre, via appel à manifestation d'intérêt.
- Les restrictions quantitatives à l'export instaurées début 2026 sur les sardines réfrigérées et congelées doivent être intégrées aux hypothèses de prix et de débouchés.
environ 22 MMAD (indicatif, environ 2 M EUR)
Investissement moyen par unité de valorisation agréée
Estimation indicative dérivée des 445 MDH investis pour 20 unités nouvellement agréées en 2017, à réactualiser projet par projet.
Qui est concerné : profils d'investisseurs, segments de flotte et tailles de projet
Le resserrement touche d'abord les opérateurs de flotte. Le total admissible des captures de la pêcherie est réparti chaque année entre senneurs côtiers, senneurs de type RSW, chalutiers pélagiques congélateurs et chalutiers pélagiques de type RSW, puis décliné en quotas individuels entre les navires de chaque catégorie. Un armement dont le quota individuel est insuffisant pour alimenter une usine en continu se trouve structurellement dépendant d'achats sur le marché local, donc exposé au prix du débarquement et aux restrictions commerciales.
Deuxième profil concerné : l'industrie de transformation à terre. Les stocks de petits pélagiques constituent plus de 80 % des captures débarquées au Maroc selon le département de la Pêche maritime, ce qui en fait la base d'approvisionnement de la conserve, du surgelé, de la farine et de l'huile de poisson. L'Union nationale des industries de la conserve du poisson a attribué la dégradation de la ressource à la capture de juvéniles, à l'insuffisance des contrôles contre la pêche illégale et à des périodes de repos biologique mal adaptées, signe que l'arbitrage amont-aval est devenu un sujet de place.
Troisième profil : les porteurs de projets greenfield dans les provinces du Sud. Le département de la Pêche maritime a déjà lancé des appels à manifestation d'intérêt pour la création d'unités de valorisation à terre associées à l'exploitation en frais des petits pélagiques de l'Atlantique Sud par un navire moderne débarquant au port de Dakhla, avec pour objectifs l'exploitation durable de la ressource, la valorisation des captures de la flotte nationale et la dynamisation de l'industrie à terre. Un dispositif comparable avait visé deux projets dans la zone industrielle du nouveau port de Boujdour, également adossés à des navires modernes débarquant sur place.
Sont enfin concernés les investisseurs étrangers raisonnant en accès pavillonnaire. Le Maroc conserve la prérogative de fixer annuellement les quotas accordés à la flotte russe, et les modalités de répartition pour l'exercice 2026 ont été précisées entre Rabat et Moscou. En termes de dimensionnement, les projets pertinents vont de l'unité de congélation ou de conserve de taille intermédiaire aux complexes intégrés navire plus usine, ces derniers étant les mieux positionnés au regard de la logique d'adossement décrite ci-dessous.
Dispositions détaillées : regulation de l'accès, des quotas individuels et des transferts
Le socle juridique est antérieur à 2026 et reste la grille de lecture. Le plan d'aménagement a été élaboré sur la base du décret n° 2-07-230 du 4 novembre 2008 fixant les modalités et conditions de pêche des petits pélagiques, avec pour objectif d'adapter l'effort de pêche au potentiel exploitable tout en préservant investissements et emplois. La gestion des stocks est régie principalement par l'arrêté n° 3279-10 du 16 décembre 2010 relatif au plan d'aménagement de la pêcherie des petits pélagiques de l'Atlantique Sud. Le total admissible des captures de cette pêcherie, délimitée par les parallèles 26°07'N au Cap Boujdour et 20°46'N au Cap Blanc, a été fixé à un million de tonnes par an.
Mécanique du quota. Le quota individuel et le volume maximal de captures par marée sont inscrits sur la licence de pêche du navire concerné, et tout quota individuel non utilisé au cours de l'année de validité de la licence ne peut pas être reporté sur l'année suivante. Cette règle de non-report est l'élément le plus structurant pour un investisseur : elle interdit la constitution de réserves de droits et pénalise immédiatement toute immobilisation technique prolongée. Pour les navires RSW, un volume maximal par marée est fixé à 200 tonnes du 1er janvier au 30 juin et 250 tonnes du 1er juillet au 31 décembre, sans pouvoir dépasser le quota individuel annuel.
| Paramètre | Règle applicable | Implication pour l'investisseur |
|---|---|---|
| TAC annuel pêcherie Sud | 1 000 000 tonnes, réparti par catégorie de navires | Plafond collectif, pas un droit d'accès individuel |
| Quota individuel | Inscrit sur la licence, non reportable d'une année sur l'autre | Pénalise l'immobilisation et le sous-emploi du navire |
| Plafond par marée (RSW) | 200 t du 1er janvier au 30 juin, 250 t du 1er juillet au 31 décembre | Détermine le dimensionnement logistique et la cadence usine |
| Accès campagne 2026 | 75 senneurs autorisés depuis Dakhla, repos du 1er janvier au 15 février 2026 | Risque d'approvisionnement concentré sur une fenêtre réduite |
Transferts et sanctions. Les textes publics ne décrivent pas un marché secondaire de quotas librement cessible : la logique dominante reste administrative. Un rapport d'activité du département de la Pêche maritime mentionne ainsi, parmi les mesures appliquées aux opérateurs de Dakhla et Boujdour, l'attribution d'un quota semestriel, le plafonnement des captures par marée, le retrait du quota des unités en arrêt d'activité prolongée et la suspension du quota des unités en arrêt d'activité ayant subi une suspension d'agrément. Autrement dit, le quota suit l'outil industriel et son activité effective ; il peut être retiré, mais ne se transfère pas de gré à gré sans validation de l'autorité compétente. Côté contrôle, la vérification s'opère sur un échantillon aléatoire d'au moins 10 kilogrammes avec une marge d'erreur admise au débarquement, et l'administration prévoit des exclusions de cinq ans en cas de manquement aux nouvelles normes de durabilité et de transparence selon LesEco, point qui mérite une vérification directe auprès du régulateur sectoriel avant tout engagement. Enfin, le mécanisme d'appel à manifestation d'intérêt associe un quota annuel en accès direct au porteur retenu, en contrepartie d'un projet de valorisation à terre : c'est aujourd'hui la voie la plus lisible pour un nouvel entrant.
Prochaines étapes et plan d'action pour les investisseurs
La première action est documentaire : obtenir copie de la licence du ou des navires visés et vérifier la rubrique du quota attribué ainsi que le volume maximal par marée, puisque ces deux paramètres y sont inscrits. Une acquisition d'armement sans audit de cette rubrique revient à acheter une coque sans droit d'accès utile.
La deuxième action consiste à modéliser l'approvisionnement sur la base du calendrier réel et non d'une année pleine. Le repos biologique 2026 en Atlantique Sud n'a autorisé que 75 navires à la senne entre le 1er janvier et le 15 février, ce qui déplace la charge industrielle sur le reste de l'exercice et modifie le besoin en fonds de roulement. Nos équipes traitent ce type d'arbitrage dans le cadre de nos travaux de structuration financière.
Troisième action : cadrer le risque réglementaire. Le retrait de quota en cas d'arrêt d'activité prolongée et la suspension en cas de suspension d'agrément imposent des covenants d'exploitation dans les pactes d'actionnaires et les contrats d'approvisionnement. Un cadrage de conformité et gestion des risques est ici préférable à une clause générique de force majeure.
Quatrième action : tester la voie de l'adossement industriel plutôt que l'achat de capacité existante, le département de la Pêche maritime ayant historiquement attribué des droits via appel à manifestation d'intérêt pour des unités de valorisation à terre associées à un navire débarquant à Dakhla.
- Vérifier la catégorie de navire visée et le zonage applicable à la campagne
- Chiffrer l'effet du non-report des quotas individuels sur le plan d'affaires
- Intégrer les restrictions quantitatives à l'export dans les hypothèses de prix
- Confirmer auprès du régulateur sectoriel le régime de sanctions en vigueur
À titre de repère historique et non de coût actuel, la création de 20 unités industrielles nouvellement agréées dans la valorisation des produits de la mer représentait environ 445 MDH d'investissement en 2017, soit de l'ordre de 22 MMAD par unité (approximativement 2 M EUR), ordre de grandeur indicatif à réactualiser projet par projet via notre simulateur d'investissement.
Conclusion et prise de contact
Les quotas de petits pélagiques en Atlantique Sud se comportent désormais comme un droit d'usage conditionnel : adossé à un navire, inscrit sur une licence, non reportable, révocable en cas d'inactivité et encadré par un calendrier biologique révisable d'une campagne à l'autre. Le contexte de ressource renforce cette logique, les captures de sardines, proches de 85 % des petits pélagiques, étant passées de 965 000 tonnes en 2022 à 525 000 tonnes en 2024. La gouvernance du secteur évolue également, les décisions de 2026 s'appuyant sur l'avis scientifique de l'INRH d'octobre 2025, et un ministre délégué chargé de la Pêche maritime, M. Ahmed Mehdi Mezouari, a pris ses fonctions à la suite d'une cérémonie de passation avec Mme Driouich selon les dépêches sectorielles du 16 octobre. Pour un arbitrage d'accès à la matière première, l'analyse doit donc porter sur la licence, l'outil à terre et la conformité, pas sur la seule biomasse. Échangez avec nos consultants via la page contact ou explorez notre recherche de marché. Ce contenu est informationnel et ne constitue pas un conseil financier.
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