environ 675 ha
Superficie totale programmée
Total annoncé par l'opérateur entre la ZAI de Nouaceur et celle de Sidi Yahya, les deux sites étant en cours d'aménagement.
75 ha (Nouaceur) et 600 ha (Sidi Yahya)
Répartition des deux plateformes
Nouaceur est adossée à l'aéroport Mohammed V et au port de Casablanca, Sidi Yahya à l'aéroport Rabat-Salé et au futur port de Kénitra.
7 protocoles (octobre 2026)
Accords fonciers signés
Conclus par la SGZID au Marrakech Air Show avec ARQUUS, Marcotec, MKU, INKAS, ABA Technologie, IGG/Bal Teq et Harmattan AI, sans montants publiés.
300 000 MAD (environ 28 000 EUR)
Capital initial de la SGZID
Société anonyme souscrite à parts égales par l'ALEM et MEDZ, filiale du groupe CDG.
Zones industrielles de défense au Maroc : localisation réelle (Nouaceur, Sidi Yahya), agréments loi 10-20, régime fiscal ZAI et étapes d'entrée des équipementiers en 2026.
Ce qui a changé : du décret de création aux premiers accords fonciers
Les zones industrielles de défense marocaines sont passées en moins de deux ans du texte réglementaire à la commercialisation effective. Créées par décret en juin 2024 sur des terrains de l'Agence de logements et d'équipements militaires (ALEM), les zones d'accélération industrielle de Sidi Yahya et de Nouaceur sont concédées depuis novembre 2025 à un opérateur unique, la Société de gestion des zones industrielles de défense (SGZID). En octobre 2026, la SGZID a conclu sept accords de mobilisation de foncier lors de sa première participation au Marrakech Air Show.
Point de localisation à corriger d'emblée : les deux ZAI de défense se situent à Nouaceur et à Sidi Yahya El Gharb, et non à Berrechid ou El Gara. Berrechid accueille, en zone industrielle de droit commun, l'usine de blindés à roues de Tata Advanced Systems inaugurée en septembre 2025. Enfin, chaque implantation reste soumise à l'autorisation de fabrication prévue par la loi 10-20, délivrée par l'Administration de la défense nationale.
- Les deux zones d'accélération industrielle dédiées à la défense sont localisées à Nouaceur (75 ha) et Sidi Yahya El Gharb (600 ha), soit environ 675 ha programmés, et non à Berrechid ou El Gara.
- Berrechid relève d'une zone industrielle de droit commun : c'est là que Tata Advanced Systems a inauguré en septembre 2025 son usine de blindés à roues destinés aux Forces armées royales.
- Le dispositif superpose deux textes, la loi 19-94 sur les ZAI et la loi 10-20 sur les matériels de défense : réserver un terrain ne donne pas le droit de produire.
- Fabrication, importation, exportation et transport de matériel militaire font l'objet d'autorisations distinctes délivrées par l'État, à instruire une par une.
- Les sept accords signés au Marrakech Air Show 2026 (ARQUUS, MKU, INKAS, Harmattan AI, Marcotec, ABA Technologie, IGG/Bal Teq) sont des protocoles de mobilisation foncière, sans montants ni calendriers publiés.
près de 130 millions de MAD (environ 13 millions d'USD)
Repère d'investissement sur plateforme voisine
Usine Trelleborg ouverte à Midparc en juin, avec 150 à 200 emplois à terme, utilisée ici comme ordre de grandeur indicatif.
Qui est concerné : profils d'investisseurs, filières et tailles de projets
Le périmètre d'éligibilité est étroit et explicitement sectoriel. Selon le décret de création, les activités installées dans les deux zones concernent la fabrication d'équipements et de matériel de défense et de sécurité, l'industrie des systèmes d'armes, la fabrication de munitions et d'autres activités industrielles de défense, les zones pouvant également abriter des sociétés de services liées à ces industries. Les filières annoncées par l'opérateur couvrent les munitions, les drones, la maintenance aéronautique, l'électronique de défense et les matériaux.
Trois profils d'investisseurs se dégagent des signatures d'octobre 2026. D'abord les équipementiers internationaux de rang 1, avec des conventions de réservation foncière conclues par ARQUUS, MKU, INKAS, ABA Technologie, Marcotec, le tandem IGG/Bal Teq Defense Industries et Harmattan AI. Ensuite les acteurs marocains de rang 2, dont la montée en charge dépendra de la sous-traitance générée par ces primo-entrants. Enfin les sociétés technologiques de taille intermédiaire : un accord d'investissement a ainsi été conclu avec Harmattan AI, entreprise française spécialisée dans les systèmes autonomes, pour créer au Maroc des capacités industrielles et technologiques de production locale de systèmes de défense autonomes.
Sur les tailles de projet, la transparence publique reste limitée : ni la superficie ni le périmètre industriel précis du projet ARQUUS n'ont été détaillés publiquement. À titre indicatif, et pour calibrer un ordre de grandeur sur une plateforme voisine, l'usine de systèmes d'étanchéité ouverte par Trelleborg à Midparc en juin représente près de 130 millions de MAD (environ 13 millions d'USD) et à terme 150 à 200 emplois. Un projet de première implantation dans les zones industrielles de défense se situe donc vraisemblablement, en estimation indicative, dans une fourchette allant de quelques dizaines à quelques centaines de millions de MAD selon l'intensité capitalistique de la ligne. Sont également concernés les opérateurs de maintenance : la presse sectorielle rapporte le projet d'une division hélicoptères et d'un centre de maintenance adossé à la base industrielle de défense, orienté vers les Forces armées royales et l'Afrique de l'Ouest, ce qui élargit la demande adressable au-delà du marché domestique.
Dispositions détaillées : réglementation loi 10-20 et incentives fiscaux du statut ZAI
Le dispositif se lit sur deux étages juridiques superposés. Il s'appuie sur deux textes : la loi 19-94, qui régit les zones d'accélération industrielle, et la loi 10-20, qui encadre les matériels de défense et de sécurité, les armes et les munitions. La conséquence opérationnelle est centrale pour tout plan d'affaires : s'installer dans ces zones ne confère pas le droit de produire, la loi 10-20 subordonnant la fabrication et le commerce de matériels de défense à une autorisation préalable de l'État. Le régime d'autorisation est par ailleurs segmenté : la fabrication, l'importation, l'exportation et le transport de matériel militaire sont chacun soumis à des autorisations spéciales. Un plan d'investissement doit donc être instruit autorisation par autorisation, et non comme un agrément unique.
Côté incentives, le statut ZAI constitue la couche d'attractivité. Les zones de défense sont présentées comme offrant des terrains adaptés, des infrastructures spécialisées et un environnement réglementaire correspondant aux exigences du secteur, des avantages fiscaux et des exonérations douanières pouvant être accordés conformément aux dispositions applicables. Le socle fiscal usuel du régime ZAI, à considérer comme indicatif et à confirmer auprès de l'administration fiscale au moment du dépôt, combine une exonération d'impôt sur les sociétés sur les premiers exercices d'exploitation, puis un taux réduit, ainsi qu'un traitement douanier et de TVA allégé sur les intrants et biens d'équipement. Ce socle a été resserré ces dernières années : une analyse de place rappelle que la loi de finances 2023 a modifié le régime des zones d'accélération industrielle, notamment par des exclusions du périmètre éligible. Toute modélisation fiscale doit donc être datée et rattachée au texte en vigueur à la date de l'agrément, non à des brochures antérieures.
L'offre foncière et de services est portée par un opérateur unique. Créée en juillet 2025 par l'ALEM et MEDZ, filiale du groupe CDG, la SGZID assure le développement, l'aménagement, la commercialisation et la gestion des zones d'accélération industrielle dédiées à la défense. L'opérateur promet un guichet unique pour les démarches administratives tout en assurant la gestion et la sûreté des sites. La gouvernance publique reste tripartite : trois départements pilotent la mise en œuvre, l'Économie et les Finances, l'Industrie et le Commerce, et l'Administration de la Défense nationale, la société concessionnaire opérant selon un cahier des charges annexé au texte.
| Paramètre | ZAI de Nouaceur | ZAI de Sidi Yahya |
|---|---|---|
| Superficie | 75 ha | 600 ha |
| Ancrage logistique | Aéroport Mohammed V et port de Casablanca | Aéroport Rabat-Salé et futur port de Kénitra |
| Orientation annoncée | Activités industrielles de défense diversifiées | Armement, munitions, essais et stockage |
| Statut | Travaux d'aménagement en cours | Travaux d'aménagement en cours |
Ces paramètres sont ceux publiés par l'opérateur : environ 675 ha sont programmés au total entre la ZAI de Nouaceur et celle de Sidi Yahya, avec deux zones en cours de travaux d'aménagement et une approche dite ready-to-operate incluant lots viabilisés, voirie lourde, énergie, eau, fibre, statut ZAI et sûreté 24/7. Le site de Sidi Yahya est orienté vers les armes, les munitions et une production de défense plus large, y compris des installations d'essais et de stockage.
Prochaines étapes et plan d'action pour les investisseurs en 2026
La séquence d'entrée dans les zones industrielles de défense se structure en cinq temps, dans cet ordre et non l'inverse.
- Qualification sectorielle : vérifier que l'activité relève bien du périmètre du décret de création, fabrication, systèmes d'armes, munitions ou services associés.
- Réservation foncière auprès de la SGZID : étape contractuelle préalable, qui ne vaut pas agrément de production.
- Demande d'autorisation loi 10-20 : instruction par l'Administration de la défense nationale, autorisation par autorisation.
- Structuration fiscale et douanière ZAI : cadrage du traitement applicable à la date de l'agrément.
- Mise en conformité sûreté et contrôle des exportations : obligations de site et régimes d'export du pays d'origine de la technologie.
Deux points méritent une vigilance particulière dans la conduite du dossier. Le premier est la nature juridique des engagements annoncés : les accords de la SGZID sont des protocoles, et les signatures réservent ou préparent du foncier industriel dans les nouvelles zones d'accélération industrielle de défense. Un comité d'investissement doit donc traiter une réservation foncière comme une option, non comme un projet sécurisé. Le second est le séquencement du capital : l'engagement de dépenses d'équipement avant obtention de l'autorisation de fabrication expose à un risque de calendrier difficile à couvrir contractuellement. Une structuration par jalons, avec déclenchement des tranches à l'obtention de chaque autorisation, reste la pratique prudente.
Pour les équipementiers déjà fournisseurs des Forces armées royales, la question n'est pas l'accès mais l'arbitrage entre statut ZAI, orienté export, et implantation en zone de droit commun, mieux adaptée à des livraisons domestiques. Cet arbitrage se modélise : nos équipes le traitent via les prestations de Market Entry & Business Setup et de Risk Management & Compliance, avec une première estimation de scénarios possible via l'investment simulator. Les hypothèses fiscales retenues doivent être revalidées à chaque loi de finances.
Conclusion : un marché accessible, mais conditionné par l'agrément
Les zones industrielles de défense marocaines sont désormais un actif réel, concédé, commercialisé et doté d'un pipeline identifié de sept projets. Elles ne constituent pas pour autant une zone franche ordinaire : la valeur du statut ZAI ne se matérialise qu'après l'obtention des autorisations de la loi 10-20, et la localisation effective des deux plateformes, Nouaceur et Sidi Yahya El Gharb, doit être intégrée telle quelle dans les études de site, sans la confondre avec les bassins industriels voisins de Berrechid ou d'El Gara.
Pour un investisseur, la bonne question en 2026 n'est pas de savoir si le Maroc ouvre son industrie de défense, mais à quelles conditions de calendrier, de conformité et de rentabilité un projet y est finançable. Les chiffres de superficie, de capital et d'investissement cités ici proviennent de sources publiques et, lorsqu'ils sont présentés comme indicatifs, doivent être revérifiés avant engagement. Pour un cadrage chiffré propre à votre projet, consultez nos services, nos travaux de Market Research & Intelligence ou prenez contact avec notre équipe. Ce contenu est informationnel et ne constitue pas un conseil en investissement.
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